Une menace invisible mais dévastatrice plane sur les cours d eau du nord de la Thaïlande. Plusieurs experts, dont le professeur émérite Surichai Wun Gaeo de l Université Chulalongkorn, tirent la sonnette d alarme face à une contamination croissante des rivières Kok, Sai et Mékong par des métaux lourds et de l arsenic.
Une catastrophe sanitaire en gestation
Cette situation rappelle tragiquement le drame de Minamata au Japon, où des rejets industriels de mercure avaient causé des milliers de décès et de graves séquelles neurologiques. En Thaïlande, les activités minières transfrontalières sont pointées du doigt. Les populations locales, qui dépendent de ces eaux pour la pêche et l irrigation, sont les premières exposées. La fondation EARTH dénonce un manque de réactivité des autorités, soulignant que le déni initial pourrait conduire à un désastre humain irréversible.
Un appel urgent à la coordination régionale
Face à l urgence, les scientifiques réclament une surveillance accrue et une coopération internationale pour limiter les rejets toxiques. Il ne s agit plus seulement de protection de la biodiversité, mais d une question cruciale de santé publique. Sans une intervention politique ferme et coordonnée avec les pays voisins, la pollution des sédiments pourrait empoisonner la chaîne alimentaire pour les décennies à venir, reproduisant les erreurs fatales commises il y a 70 ans au Japon.

