Le nouveau fonds souverain indonésien, Danantara, s'est imposé en quelques mois comme l'outil central de la stratégie économique du président Prabowo Subianto. Avec près de 900 milliards de dollars sous gestion, cet instrument hybride ambitionne de transformer radicalement le paysage industriel de l'archipel.
Une concentration de pouvoirs inquiétante
Initialement conçu sur le modèle de Temasek, le fonds a rapidement étendu ses missions bien au-delà de la gestion d'actifs financiers. Il intervient désormais dans l'agriculture, l'énergie et même les programmes sociaux gouvernementaux. Cette diversification massive soulève des inquiétudes majeures chez les économistes, qui craignent une confusion entre les objectifs commerciaux et les impératifs politiques du pouvoir en place.
La crédibilité financière en question
Si les marchés ont accueilli favorablement les récentes émissions obligataires, la transparence de Danantara reste un point d'achoppement pour les investisseurs internationaux. Le succès à long terme de cet ambitieux fonds dépendra de sa capacité à maintenir une discipline financière rigoureuse face à la tentation constante d'un interventionnisme étatique dirigiste.

