La Thaïlande s'engage dans une réforme ambitieuse de son droit de la famille pour mieux appréhender la violence économique, une forme de maltraitance souvent invisible mais dévastatrice. Les députés examinent actuellement six projets de loi visant à moderniser une législation datant de 2007, trop limitée face aux réalités sociales contemporaines.
De la violence physique au contrôle financier
Le débat met en avant le rôle de l'argent comme instrument de coercition. Utiliser la dépendance financière pour isoler ou contrôler un conjoint, un enfant ou une personne âgée sera bientôt plus sévèrement encadré. Le député Jakrapob Penkair souligne que l'État doit désormais intervenir lorsque le cadre familial devient oppressif, brisant le tabou du privé qui empêchait jusqu'ici les autorités d'agir efficacement.
Une mise en œuvre complexe
Si le cadre législatif est en bonne voie d'être adopté, le véritable défi résidera dans son application. La formation des travailleurs sociaux et des forces de police est jugée prioritaire pour identifier ces situations complexes. L'objectif est de garantir aux victimes une protection réelle qui ne puisse plus être annulée par des arrangements amiables entre les parties.

