Le projet titanesque de liaison ferroviaire à grande vitesse reliant les aéroports de Don Mueang, Suvarnabhumi et U-Tapao traverse une zone de fortes turbulences. Le ministre des Transports, Phiphat Ratchakitprakarn, a récemment réaffirmé la fermeté du gouvernement concernant le contrat de concession initial. Malgré les pressions du consortium Asia Era One, dirigé par le groupe Charoen Pokphand, l’État refuse de modifier les conditions financières du projet estimé à 225 milliards de bahts.
Un blocage financier qui dure depuis six ans
Au cœur du litige se trouve le calendrier des subventions publiques. Le partenaire privé souhaite un étalement des versements dès le début des travaux, tandis que le contrat originel prévoit un remboursement uniquement après l’achèvement complet du chantier. Cette impasse paralyse le démarrage des travaux depuis 2019. Les autorités ont toutefois rappelé qu'une clause de résiliation sans pénalité existe, permettant au concessionnaire de se retirer si les conditions économiques rendent l'exécution impossible, notamment à cause de la hausse des coûts énergétiques.
Le risque d'un retard de dix ans supplémentaire
Si le consortium choisit de se retirer, la Société des chemins de fer thaïlandais devra lancer un nouvel appel d’offres, un processus qui pourrait prendre plusieurs années. Selon les experts, une telle décision repousserait l’achèvement de cette infrastructure stratégique à l’horizon 2035. Ce projet est pourtant considéré comme la colonne vertébrale du Corridor économique de l’Est (EEC). Le gouvernement explore désormais d'autres pistes, comme l'attraction de parcs à thèmes internationaux, pour dynamiser la rentabilité future de cette ligne ferroviaire cruciale.

