Le géant du transport privé Bolt traverse une zone de fortes turbulences réglementaires en Thaïlande. Le Département des transports terrestres (DLT) a récemment menacé de ne pas renouveler la licence d exploitation de la plateforme suite à un bilan alarmant de 2 193 infractions recensées depuis le début de l année 2026. La tension a atteint son paroxysme après un grave incident survenu à Bangkok, où une passagère a dû sauter d un moto-taxi en marche pour échapper à un chauffeur qui refusait d obtempérer, mettant en lumière des failles critiques de sécurité.
Mesures d urgence et tolérance zéro
Face à la pression des autorités, Bolt a annoncé une série de mesures drastiques pour tenter de sauver sa certification électronique. L entreprise s engage désormais sur une politique de tolérance zéro concernant le partage de comptes entre chauffeurs, une pratique frauduleuse à l origine de nombreux incidents. Un nouveau système de vérification par reconnaissance faciale sera déployé de manière intensive, obligeant les conducteurs à effectuer des selfies fréquents pour prouver leur identité avant de prendre en charge des clients.
Le directeur général du DLT, Sorapong Paitoonpong, reste cependant ferme sur la nécessité de protéger le public. Les enquêtes ont révélé que de nombreux véhicules opérant sous la bannière Bolt n étaient pas enregistrés pour le transport public et que certains conducteurs ne possédaient pas les licences professionnelles requises. Alors que le secteur des VTC continue de croître en Thaïlande, cet affrontement avec Bolt pourrait marquer un tournant dans la régulation des plateformes numériques, imposant désormais des standards de sécurité et de conformité administrative beaucoup plus stricts pour opérer dans le royaume.

